Photo : Véronique Azémard
Il nous arrive de porter longtemps le poids de nos erreurs, de nos choix, de nos regrets ou de ces moments où nous avons le sentiment de ne pas avoir été à la hauteur.
Nous nous jugeons. Nous cherchons à comprendre ce qui ne va pas. Nous voudrions réagir autrement, ressentir moins, être plus forts, plus sereins, plus capables.
Et parfois, sans même nous en rendre compte, nous ajoutons à notre souffrance une exigence supplémentaire : celle de devoir déjà aller mieux.
Mais que se passerait-il si nous cessions, un instant, de nous demander de changer ?
Lorsque le jugement nous éloigne de nous-mêmes
Le jugement intérieur peut prendre de nombreuses formes.
« J'aurais dû faire autrement. »
« Je ne devrais pas ressentir cela. »
« Pourquoi est-ce que je réagis toujours de cette manière ? »
Ces pensées peuvent traduire notre désir sincère d'avancer. Pourtant, lorsqu'elles deviennent incessantes, elles peuvent aussi nous éloigner de ce que nous vivons réellement.
Au lieu d'écouter notre tristesse, nous nous reprochons d'être tristes. Au lieu d'accueillir notre peur, nous nous jugeons de ne pas être suffisamment courageux. Au lieu de reconnaître notre vulnérabilité, nous cherchons à la faire disparaître.
Une séparation se crée alors entre ce que nous ressentons et ce que nous pensons devoir ressentir.
Et si nous pouvions, pour un instant, revenir à ce qui est là, sans nous condamner ?
Le pardon de soi n'est pas une injonction de plus
Se pardonner ne signifie pas minimiser ses actes, oublier son histoire ou renoncer à ses responsabilités.
Il ne s'agit pas non plus de se forcer à ressentir de l'amour lorsque nous sommes encore traversés par la colère, la culpabilité ou la tristesse.
Le pardon peut simplement commencer par la possibilité de ne plus ajouter de violence intérieure à ce qui est déjà douloureux.
Il peut commencer par une question :
Puis-je accueillir ce que je vis, sans avoir besoin de me condamner pour le vivre ?
Parfois, nous avons besoin de reconnaître une blessure. Parfois, de rencontrer une peur ancienne, une attente déçue ou une part de nous qui a longtemps essayé de faire de son mieux.
Nous ne savons pas toujours, au début, ce qui demande à être entendu. Nous pouvons simplement prendre le temps d'être présents à ce qui se manifeste.
Accueillir plutôt que forcer le changement
Dans mon approche de la Maïeusthésie, l'écoute et la présence occupent une place essentielle.
Il ne s'agit pas de décider à l'avance de ce qui devrait changer, ni de chercher systématiquement à faire disparaître ce qui dérange.
Il s'agit plutôt d'accueillir ce qui se présente, avec considération et sans jugement, afin de permettre à la personne de rencontrer son expérience à son propre rythme.
Une émotion, une sensation, un souvenir ou une réaction peut parfois nous ouvrir une porte vers quelque chose qui n'a pas encore trouvé sa juste place dans notre vécu.
Nous n'avons pas nécessairement besoin de savoir immédiatement pourquoi cela se produit. Nous pouvons commencer par écouter.
Cette écoute ne garantit pas un changement particulier. Elle offre un espace dans lequel ce qui est vécu peut être reconnu, exploré et parfois compris autrement.
Revenir au corps, revenir à l'instant présent
Lorsque le jugement intérieur devient envahissant, il peut être précieux de ralentir.
Prenez un instant pour sentir votre respiration. Percevez les points de contact de votre corps avec le sol ou le siège. Si cela vous est confortable, posez une main sur votre cœur.
Sans chercher à modifier votre état, observez simplement ce qui est présent.
Peut-être de la tension. Peut-être de la tristesse. Peut-être rien de particulier.
Tout n'a pas besoin d'être immédiatement compris ou transformé.
Vous pouvez vous dire intérieurement :
Je peux prendre le temps de m'écouter.
Je n'ai pas besoin de me juger pour comprendre ce que je vis.
Je peux accueillir ma vulnérabilité sans me réduire à elle.
Je peux avancer à mon rythme.
Ces mots ne sont ni une obligation ni une formule magique. Ils sont simplement une invitation à vous offrir une qualité de présence que vous accordez peut-être plus facilement aux autres qu'à vous-même.
Vous n'avez pas besoin d'être parfait pour vous rencontrer
Nous avons parfois appris à croire que nous devions d'abord résoudre nos difficultés pour pouvoir nous sentir en paix.
Attendre d'être suffisamment forts. Suffisamment sereins. Suffisamment confiants.
Mais la rencontre avec soi-même n'a pas besoin d'attendre que tout soit réglé.
Elle peut commencer au cœur même de nos hésitations, de nos contradictions et de nos fragilités.
Nous pouvons apprendre à nous regarder avec davantage de considération, sans nier ce qui nous fait souffrir et sans exiger de nous-mêmes une perfection inaccessible.
Il ne s'agit pas de devenir une autre personne. Il s'agit peut-être de pouvoir rencontrer plus pleinement celle que nous sommes.
Un chemin vers soi
Le pardon de soi n'est pas toujours immédiat. Il peut demander du temps, de l'écoute et parfois un accompagnement.
Il ne s'agit pas de se convaincre que tout va bien, mais de pouvoir faire une place à ce qui est vécu, même lorsque cela reste difficile.
C'est dans cette rencontre, sans précipitation et sans jugement, que de nouvelles possibilités peuvent parfois émerger.
Et si, aujourd'hui, vous n'aviez rien à prouver ?
Si vous pouviez simplement respirer, écouter et accueillir ce qui se vit en vous ?
Peut-être que le premier pas vers davantage de liberté ne consiste pas à vous corriger, mais à cesser, doucement, de vous abandonner lorsque vous souffrez.
Vous pouvez commencer là où vous êtes, avec ce qui est là, à votre rythme.
Se donner un espace pour être écouté
Dans mon cabinet à Genève, je vous propose un accompagnement en Maïeusthésie fondé sur l'écoute non directive, la présence et le respect de votre expérience. Des séances en ligne sont également possibles.
Si vous ressentez le besoin de vous retrouver, de mieux accueillir ce que vous traversez ou de faire la paix avec certains aspects de votre histoire, nous pouvons prendre le temps d'en parler.
Cet article résonne en vous ? Venons en parler ensemble.